Le magazine du bien-être au féminin

Chute de cheveux d’automne : ce qui est normal, combien de temps ça dure

·

· par

·

12 min de lecture

Femme constatant une chute de cheveux d'automne sur sa brosse

Chaque année, c’est le même scénario. Vous passez la main dans vos cheveux en septembre et vous en récupérez une poignée. La brosse se remplit en deux coups, la bonde de la douche se bouche, et l’idée que vous êtes en train de perdre votre chevelure s’installe. Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’une chute de cheveux saisonnière, un phénomène banal, réversible, et surtout parfaitement décalé dans le temps par rapport à sa cause réelle.

Le problème, c’est que cette panique d’automne est aussi le meilleur moment de l’année pour vendre des cures à trente euros à des femmes qui n’en ont pas besoin. Avant de remplir votre panier en pharmacie, il y a deux ou trois choses à vérifier, et elles ne coûtent rien. Voici comment faire la différence entre une chute normale, une chute qui mérite une prise de sang, et une chute qui n’a rien de saisonnier.

En bref

  • Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal. En période de chute saisonnière, jusqu’à 150 par jour reste dans l’ordre des choses.
  • La chute d’automne est un effluvium télogène saisonnier : les follicules réagissent avec 2 à 4 mois de retard à l’été. Elle dure en général 6 à 12 semaines et se résout seule.
  • Ce qui doit alerter : une chute qui dépasse 3 à 6 mois, un cuir chevelu qui devient visible, une raie qui s’élargit, ou une fatigue associée.
  • Aucun complément alimentaire ne compense une carence en fer non diagnostiquée. Le bon réflexe est une prise de sang, pas une cure achetée au hasard.

Pourquoi les cheveux tombent davantage en septembre et en octobre

Un cheveu ne pousse pas en continu. Il suit un cycle en trois temps, et c’est ce cycle qui explique tout le reste.

  • La phase anagène est la phase de croissance active. Elle dure plusieurs années, et environ 85 % de vos cheveux s’y trouvent à tout moment.
  • La phase catagène est une courte transition de deux à trois semaines, pendant laquelle le follicule se met en veille.
  • La phase télogène est la phase de repos, qui dure deux à trois mois. Au bout, le cheveu tombe et laisse la place à un nouveau.

En temps normal, ces cycles sont désynchronisés : chaque follicule fait sa vie de son côté, la chute est diffuse et invisible. Le phénomène saisonnier vient précisément d’une synchronisation. Pendant l’été, la luminosité et la chaleur poussent une proportion inhabituelle de follicules à basculer en même temps vers la phase de repos. Comme cette phase dure deux à trois mois, la facture arrive à l’automne. C’est le décalage qui trompe tout le monde : vous ne perdez pas vos cheveux à cause de septembre, vous les perdez à cause de juillet.

Le raccourcissement des journées, la reprise du rythme scolaire et professionnel, la fatigue accumulée et parfois un régime estival un peu léger en protéines s’ajoutent au tableau. Aucun de ces facteurs n’est dramatique isolément, mais ils tombent tous au même moment.

Combien de cheveux perdus par jour est vraiment normal

Le chiffre de référence est bien établi : entre 50 et 100 cheveux par jour en dehors de toute période particulière. Pendant un épisode saisonnier, la perte peut doubler voire tripler sur quelques semaines, et une moyenne autour de 150 par jour reste considérée comme transitoire et bénigne par les dermatologues.

SituationCheveux perdus par jourCe que ça veut dire
Période normale50 à 100Renouvellement physiologique, rien à faire
Chute saisonnière100 à 150Effluvium télogène, réversible en quelques semaines
Chute abondante persistantePlus de 150 au-delà de 3 moisBilan sanguin et avis médical recommandés
Chevelure qui s’éclaircit visiblementVariablePiste androgénétique ou autre, consultation nécessaire

Le test du comptage sur trois jours

Compter ses cheveux paraît absurde, mais c’est le seul moyen de sortir du ressenti, qui est presque toujours faussé par l’inquiétude. La méthode tient en trois jours consécutifs, sans shampoing entre-temps si possible.

  • Récupérez tous les cheveux tombés : ceux de l’oreiller au réveil, ceux de la brosse, ceux de la douche, ceux du sol.
  • Rassemblez-les dans une enveloppe par journée, puis comptez à la fin.
  • Faites la moyenne des trois jours. Le jour du shampoing donne toujours un pic, c’est normal et cela ne signifie pas que le lavage abîme vos cheveux.

Regardez aussi l’extrémité des cheveux tombés. Un cheveu en fin de cycle porte un petit renflement blanchâtre à sa racine, le bulbe télogène. C’est le signe d’une chute normale. Un cheveu cassé en pleine longueur, sans bulbe, ne relève pas d’une chute mais d’une fragilité de la fibre, ce qui se traite tout autrement. Dans ce cas, mieux vaut regarder du côté des pointes fourchues et de la porosité de vos cheveux que du côté des cures anti-chute.

Chute saisonnière, carence ou alopécie : comment faire la différence

C’est le point qu’on oublie systématiquement. Une chute d’automne n’est pas toujours une chute d’automne, et les trois grandes causes chez la femme ne se ressemblent pas du tout une fois qu’on sait quoi regarder.

Effluvium télogène saisonnierChute liée à une carenceAlopécie androgénétique
InstallationBrutale, sur quelques semainesProgressive, souvent après un régime, une grossesse ou des règles abondantesTrès lente, sur des années
RépartitionDiffuse sur tout le crâneDiffuseCiblée : raie qui s’élargit, sommet du crâne, tempes
Densité visibleConservéePeut baisser si la carence dureBaisse nette, cheveux de plus en plus fins
Signes associésAucunFatigue, essoufflement, ongles cassants, pâleurCheveux plus gras, parfois acné ou pilosité accrue
ÉvolutionRentre dans l’ordre en 6 à 12 semainesS’arrête quand la carence est corrigéeNe s’arrête pas seule

Le repère le plus utile est la densité, pas la quantité tombée. Prenez une photo de votre raie, de face et de dos, avec une lumière constante. Si dans trois mois la raie a la même largeur, vous avez eu une chute saisonnière, quelle qu’ait été la panique de septembre. Si elle s’est élargie, la piste change et une consultation s’impose.

Ce qui aide réellement pendant l’épisode

Il faut être honnête sur le principe : une chute saisonnière s’arrête toute seule. Aucun produit ne peut rattraper les cheveux déjà passés en phase de repos en juillet, parce qu’ils sont programmés pour tomber. Ce qu’on peut faire, en revanche, c’est soigner le terrain pour que la repousse suive correctement et que l’épisode ne se prolonge pas.

Cette vidéo résume bien les vérifications à faire avant d’acheter quoi que ce soit, et évite quelques dépenses inutiles.

Traiter le cuir chevelu comme une peau

Un cuir chevelu irrité, qui démange ou qui pèle, ne fabrique pas de beaux cheveux. Passez à un shampoing doux, sans sulfates agressifs, et espacez raisonnablement les lavages sans tomber dans l’excès inverse : laisser s’accumuler sébum et résidus n’aide personne. Le massage du cuir chevelu, deux à trois minutes du bout des doigts et jamais avec les ongles, stimule la microcirculation et coûte zéro euro.

Réduisez la casse mécanique pendant cette période : moins de chaleur, moins de queues de cheval serrées, un démêlage sur cheveux essorés avec un peigne à dents larges plutôt qu’une brosse tirée en force. Cela ne stoppe pas la chute, mais cela évite d’ajouter de la casse à la perte et donc d’aggraver l’impression de vide.

Vérifier ce qu’il y a dans l’assiette

Le cheveu est fait de kératine, donc de protéines, et sa fabrication consomme du fer et du zinc. Un été à base de salades et de repas légers, une alimentation végétarienne mal calibrée ou des règles abondantes constituent des terrains classiques de chute prolongée. Visez des apports protéiques à chaque repas (œufs, poisson, légumineuses, viande, produits laitiers), et ne cherchez pas à corriger un manque de fer en avalant des gélules choisies au hasard : un excès de fer n’est pas anodin.

Cures et lotions : ce qu’on peut honnêtement en attendre

Les compléments anti-chute vendus en pharmacie apportent en général des vitamines du groupe B, du zinc et des acides aminés soufrés. Ils sont utiles si vous avez un déficit d’apport, et à peu près inutiles si votre alimentation est correcte. Comptez de toute façon trois mois avant d’espérer voir quoi que ce soit, puisque c’est le temps qu’il faut à un cheveu pour repousser de quelques centimètres.

Le minoxidil 2 %, disponible sans ordonnance en France, mérite une précision importante : il est indiqué dans l’alopécie androgénétique, pas dans la chute saisonnière. Il provoque d’ailleurs souvent une augmentation temporaire de la chute pendant les premières semaines, et il doit être poursuivi dans la durée pour maintenir son effet. Le commencer par réflexe en septembre, sur un effluvium qui allait s’arrêter tout seul, est le meilleur moyen de s’engager dans un traitement au long cours sans en avoir besoin. Les huiles végétales et macérats de romarin ou d’huile de ricin, très populaires, n’ont pas la puissance d’un médicament, mais ils ont le mérite d’accompagner le massage du cuir chevelu, qui, lui, a du sens.

Les erreurs qui aggravent la panique

  • Arrêter de se laver les cheveux. Les cheveux tombés restent accrochés à la chevelure et partent tous d’un coup au shampoing suivant, ce qui donne une impression de catastrophe totalement artificielle.
  • Enchaîner trois cures différentes en deux mois. Aucune n’aura eu le temps d’agir et vous ne saurez jamais ce qui a marché.
  • Se supplémenter en fer sans dosage. C’est le geste le plus fréquent et le plus discutable, alors qu’une prise de sang tranche la question en quelques jours.
  • Multiplier les colorations et le lissage pendant l’épisode. Le cheveu neuf qui repousse est fin et fragile, autant lui laisser quelques semaines.

Quand consulter et quel bilan demander

Une chute saisonnière qui dépasse trois mois n’est plus vraiment saisonnière. Prenez rendez-vous chez un médecin généraliste ou un dermatologue si vous êtes dans l’un de ces cas : chute abondante au-delà de trois mois, cuir chevelu qui devient visible, raie qui s’élargit, plaques dégarnies bien délimitées, démangeaisons ou rougeurs persistantes, ou chute associée à une fatigue inhabituelle.

Le bilan biologique classiquement demandé dans ce contexte comprend une numération formule sanguine, un dosage de la ferritine (le stock de fer, bien plus parlant que le fer sérique), la TSH pour la thyroïde, la vitamine D et parfois le zinc. La ferritine est le paramètre clé chez la femme : une valeur basse peut être compatible avec l’absence d’anémie tout en étant insuffisante pour soutenir une pousse normale, ce qui explique que beaucoup de femmes s’entendent dire que leur prise de sang est bonne alors que le stock de fer est au plancher. Demandez la valeur chiffrée plutôt que de vous contenter d’un « tout va bien ».

En consultation, le praticien complète par un test de traction, qui consiste à tirer doucement sur une mèche pour voir combien de cheveux viennent, et éventuellement par une trichoscopie, un examen du cuir chevelu à la loupe grossissante. Ces gestes sont indolores et donnent en quelques minutes une information que trois mois d’inquiétude ne donneront jamais.

Questions fréquentes

Combien de temps dure exactement la chute d’automne ?

Six à huit semaines dans la plupart des cas, jusqu’à trois mois pour les épisodes les plus marqués. Au-delà, il ne s’agit plus d’un simple phénomène saisonnier et une cause sous-jacente mérite d’être cherchée.

Les cheveux repoussent-ils vraiment après ?

Oui. L’effluvium télogène est une chute réactionnelle, les follicules ne sont pas détruits, ils ont simplement basculé en repos de façon synchronisée. La repousse démarre pendant l’épisode et se manifeste par de petits cheveux courts et fins, souvent sur le devant du crâne, qu’on prend parfois à tort pour des cheveux cassés.

Faut-il couper ses cheveux pour limiter la chute ?

Non, la chute se joue à la racine et la longueur n’y change rien. Une coupe donne en revanche un aspect plus dense et supprime les pointes abîmées, ce qui rend la période plus supportable visuellement.

Le stress peut-il déclencher une chute au même moment ?

Tout à fait, et c’est même le grand piège de la rentrée. Un choc émotionnel ou une période de stress intense déclenche un effluvium télogène avec le même décalage de deux à quatre mois. Une chute qui commence en septembre peut donc renvoyer à un événement de juin, ce qui brouille complètement la lecture si on ne remonte pas assez loin.

Dans les faits, la meilleure réponse à une chute d’automne consiste à ne pas surréagir : comptez trois jours, photographiez votre raie, soignez votre cuir chevelu et vos apports en protéines, et fixez-vous une échéance à trois mois. Si à ce moment-là la densité est intacte, l’épisode était bien saisonnier. Sinon, vous arriverez chez le médecin avec des éléments concrets plutôt qu’avec une impression, et le diagnostic ira beaucoup plus vite.